Darracq Vador, 49-3, Cyborg de Blagnac… Ovale Masqué décape la demie Nouvelle-Zélande-France

Ça a cogné fort entre les Françaises et les Néo-Zélandaises, mais les Bleues ont cédé en demi-finale du Mondial.
Ça a cogné fort entre les Françaises et les Néo-Zélandaises, mais les Bleues ont cédé en demi-finale du Mondial. (©Icon Sport)

Dans quelques années, on sera tous vieux. Si vous venez ici pour lire du texte et pas seulement pour regarder les GIFs, vous l’êtes d’ailleurs peut-être déjà. Et comme tous les vieillards séniles de la Terre, vous lancerez du « à mon époque », et vous partagerez à une audience qui vous accorde un désintérêt poli toutes vos vieilles histoires, vos vieux matchs, vos vieilles cicatrices de guerre.

Il viendra alors le moment de parler de ce fameux match. Ce match pour lequel vous avez mis votre réveil très tôt le week-end, tout ça pour finir par vous faire piétiner le cœur avant l’heure de la deuxième tournée de tartines. Cette maudite fois où l’équipe de France a échoué d’un point contre la Nouvelle-Zélande, devant un Eden Park soudainement transformé en plus grande usine à huile du Pacifique pendant 80 minutes.

Le visage confiant des meufs prêtent à humilier tout un pays.
Le visage confiant des meufs prêtent à humilier tout un pays. (©Stan Sport)

Sauf que désormais, ce souvenir n’évoquera plus qu’un seul match. Ce samedi 5 novembre, au terme d’une demi-finale épique, l’équipe de France de rugby féminin est entrée à son tour au panthéon du French Flair, au Valhalla des losers magnifiques. Cette fois, vous ne pourrez même pas blâmer une hypothétique Jacqueline Joubert pour cette défaite rageante. Les Bleues se sont tirées dans le pied toutes seules, comme des grandes, avec un bazooka pour être sûr de ne rater aucun orteil. Mais après tout, n’est-ce pas la plus belle façon de sortir d’une compétition ? La France reste invaincue, puisque c’est la France qui a éliminé la France

La compo 

La compo des Françaises pour la demi-finale contre la Nouvelle-Zélande.
La compo des Françaises pour la demi-finale contre la Nouvelle-Zélande. (©Ovale Masqué Rugbystic Universe)

Le film du match

Si vous avez regardé une Coupe du monde du rugby féminin, vous savez que la compétition débute réellement à partir des demi-finales. Qu’on soit bien clairs, je suis le genre de déviant qui est capable de prendre du plaisir devant un Afrique du Sud–Fidji dont l’intégralité du temps de jeu effectif peut tenir dans un GIF. Mais les choses sérieuses, les vrais matchs de haut niveau, on les retrouve dans le dernier carré. Et dès les premiers instants de ce match entre les Bleues et les Blacks Ferns, on en a pour notre argent. Du rythme, de l’engagement, du jeu… et même… des Françaises… qui… réussissent des séquences avec plus de 3 passes de suite… et des redoublées ??… des aufelodes ?

C’est la Fidji Party à l’Eden Park
C’est la Fidji Party à l’Eden Park. (©Stan Sport)

Laborieuses sur le plan offensif depuis le début de la compétition, la bande à Darracq Vador semble enfin réussir à se lâcher, comme si la perspective de gâcher la fête du pays hôte lui octroyait des super pouvoirs. Ou bien alors, peut-être que tout était prévu, peut-être qu’on faisait exprès de faire des en-avant pour cacher notre jeu et surprendre tout le monde. Après tout, c’est une tactique française vieille comme le monde en Coupe du monde, c’est pas Marc Lièvremont et ses sales gosses qui nous contrediront.

Et si Coach Dupontel avait préparé un plan machiavélique depuis le début ?
Et si Coach Dupontel avait préparé un plan machiavélique depuis le début ? (©Stan Sport)

Après une séquence à 17 temps de jeu, Madoussou Fall termine dans l’en-but des locales. Malheureusement, celui-ci a été recouvert d’un parquet de joueuses néo-zélandaises (ça ne se trouve pas chez Leroy Merlin, ne cherchez pas). Pas d’essai, mais retour à l’avantage pour permettre à Caroline Drouin d’ouvrir le score, 0-3. L’entame de match est clairement à l’avantage des Bleues, agressives en défense et dans les rucks, ce qui provoque plusieurs turnovers. Dans le domaine, la MVP française du Mondial s’illustre encore : l’infatigable Gabrielle Vernier, sorte de croisement entre Florian Fritz, David Marty et un lutteur du Daghestan.

Ca gratte encore plus que des cadres d’Airbus au salon VIP du Stade Toulousain.
Ça gratte encore plus que des cadres d’Airbus au salon VIP du Stade Toulousain. (©Stan Sport)

Petit à petit, les Fougères sombres se remettent dans le match, et profitent d’une faute française en mêlée pour investir les 22. Après une série de pick an go, elles parviennent presque à marquer grâce à leur N°8, mais comme le dirait un célèbre personnage de film tourné dans le coin, Tu’u ne passera pas. L’orage passe, et les Bleues remettent la main sur le ballon après une erreur inhabituelle de l’arrière néo-z, qui trouve une touche directe.

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Les partenaires de Gaëlle Hermet remettent la machine en route pour une bonne vieille séquence de petits tas dans les 22. Les championnes du monde en titre ferment la porte, alors on fait appel on fait appel Romane Ménager, qui décide de forcer le passage comme un bon vieux 49-3 à l’assemblée nationale. L’opposition est médusée, la France mène 10 à 0 après 25 minutes de jeu.

Maintenant on peut le dire, la famille Ménager mange la famille Tuilagi au petit dej'.
Maintenant on peut le dire, la famille Ménager mange la famille Tuilagi au petit dej’. (©Stan Sport)

On se dit alors que les fans de fromage vont rouler les Blacks, comme cela avait été le cas il y a un à Castres. Mais comme chacun le sait, Castres est une sorte de triangle des Bermudes du rugby mondial, une zone de non-droit où des évènements surnaturels se déroulent régulièrement. À Auckland, ce ne sera pas aussi facile. Tout commence par une petite erreur française, avec Caroline Drouin qui trouve elle aussi une touche directe. On ne s’inquiète pas : c’est normal, c’est Drouin. En général, elle fait ça une fois par match, et elle compense plus tard en sortant une chistéra magique où une passe au pied improbable.

Sachant qu'il va pas y avoir des masses de GIFs la mettant en valeur sur ce match je vous offre ce beau raffut.
Sachant qu’il va pas y avoir des masses de GIFs la mettant en valeur sur ce match je vous offre ce beau raffut. (©Stan Sport)

Ensuite, c’est Gabrielle Vernier qui passe proche de la correctionnelle. Depuis le début de la compet’, la N°12 s’est visiblement donné la mission de collecter les colonnes vertébrales de tous ses adversaires et des les accrocher dans son salon comme des trophées de guerre. Mais cette fois, son plaquage ressemble quand même un peu trop à une prise de catch de Dave Bautista. Heureusement, l’arbitre est gentille. Ou peut-être a t-elle peur de Vernier, ce qui peut se comprendre. Simple pénalité. Les Black Ferns en profitent pour avoir une possession dans le camp français, puis glanent une nouvelle pénalité en face des poteaux. Renée Holmes, qui n’est apparemment pas la fille d’une union contre-nature entre René Ranger et Zack Holmes, réduit le score, 3-10.

Tui l'a pas vu venir, celui-là.
Tui l’a pas vu venir, celui-là. (©Stan Sport)

Les locales réussissent enfin à organiser un peu leur jeu, et on assiste à la première percée du match, signée par la seconde ligne Maiakawanakaulani Roos (c’est son vrai nom, pas une blague comme pour Yapikatwa West).

Je vous rassure j'ai fait un copier-coller pour le nom.
Je vous rassure j’ai fait un copier-coller pour le nom. (©Stan Sport)

Heureusement, la défense français est solide, à l’image de Drouin qui sort à son tour un plaquage désintégrant. C’est bien la preuve qu’elle est de nouveau dans son match. Aucune inquiétude à avoir, vraiment !

La bretonne distribue les caramels beurre salé.
La bretonne distribue les caramels beurre salé. (©Stan Sport)

Bon, si, il faut peut-être s’inquiéter un peu. Les Néo-Z se font de plus en plus dangereuses, et s’offrent encore une visite dans l’en-but français – toujours sans parvenir à aplatir, le service de sécurité des Bleues étant plus hermétique que celui d’Ernest Wallon, incapable d’arrêter deux anciens Première L option théâtre.

Ce militant a raison d'être anxieux : malheureusement la planète risque de disparaître avant que les Bleues n'arrivent à se qualifier pour une finale de Coupe du monde.
Ce militant a raison d’être anxieux : malheureusement la planète risque de disparaître avant que les Bleues n’arrivent à se qualifier pour une finale de Coupe du monde. (©Canal +)

Les Bleues tapent un renvoi sous les poteaux, et là, c’est le drame. Caroline Drouin l’expédie directement en touche, ce qui à ma connaissance, est la première fois qu’une telle chose arrive depuis l’instauration de cette règle. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise : la France innove, encore.

Vu l’attitude des Françaises qui trottinaient tranquillement pour aller jouer la touche, l’hypothèse que personne ne soit au courant de la règle est également une possibilité.
Vu l’attitude des Françaises qui trottinaient tranquillement pour aller jouer la touche, l’hypothèse que personne ne soit au courant de la règle est également une possibilité. (©Stan Sport)

Le cadeau est très beau. Les Black Ferns se jettent dessus pour déchirer le paquet. Après une mêlée sous les poteaux, le ballon vole jusqu’à l’aile où se trouvait la trois-quarts centre Fluhler. C’est transformé en coin, 17-17. En quelques minutes, les Françaises ont dilapidé un avantage de plus d’un essai d’écart.

Flulher, la joueuse préférée de Pablo Matera.
Flulher, la joueuse préférée de Pablo Matera. (©Stan Sport)

Ça va mal, et quand ça va mal, il reste toujours Gabrielle Vernier. La cyborg de Blagnac s’illustre en grattant encore un ballon au centre du terrain, ce qui permet aux Bleues d’obtenir une penaltouche et une dernière occasion d’essai avant la pause. Et cet essai, devinez qui va aller le marquer ? Gabrielle Vernier, évidemment ! De temps en temps, elle s’intéresse aussi au ballon, et c’est elle qui va marquer en force un essai similaire à celui de Ménager en début de partie. Après la transformation, la France mène 17 à 10.

Des nouvelles de Jacques Brunel, qui s'est fait une jolie teinture de moustache.
Des nouvelles de Jacques Brunel, qui s’est fait une jolie teinture de moustache. (©Stan Sport)

Dès le début du second acte, le XV de France décide de faire ce qu’il sait faire de mieux : anéantir tous ses efforts, pour le plaisir de créer du suspense et de nous offrir des matchs de légende. Tout commence par la désormais traditionnelle touche directe, cette fois par Pauline Bourdon, qui avait décidé de se porter volontaire pour que les réseaux sociaux laissent un peu de répit à Drouin. Puis c’est le drame. Le flashback du Vietnam. Sur un jeu au pied néo-zélandais dans le fond du terrain, Émilie Boulard nous rappelle Damien Traille. Et s’il y a bien un truc auquel je n’ai pas envie de penser avant 10h du mat’, c’est Damien Traille. L’arrière française tergiverse, n’arrive pas à contrôler le ballon et c’est Ruby Tui qui vient marquer un essai d’un opportunisme tel que j’ai envie de le noter Darmanin/10.

La Tuile.
La Tuile. (©Stan Sport)

Il paraît que ce qui ne nous Tui pas nous rend plus fort, et les Françaises ne sont pas encore mortes. Elles sont même encore devant au score, puisque Holmes rate la transformation, 15-17. La buteuse va également rater une pénalité quelques secondes plus tard. On  va assister à une longue séquence de jeu chaotique où les deux équipes vont envoyer du jeu dans tous les sens et jouer des pénalités à la main au milieu du terrain, comme si elles étaient en train de disputer un match des Barbarians sous champis. Et quand je repense à l’échange de jeu au pied qui a duré 12 minutes entre les Bleus et l’Australie hier soir, passant à deux doigts de provoquer un suicide collectif au Stade de France, je me dis que le rugby féminin a quand même de sacrés atouts pour séduire le grand public.

Fall joue à l'aile et ne termine pas sa course sur une blessure, c'est inédit.
Fall joue à l’aile et ne termine pas sa course sur une blessure, c’est inédit. (©Stan Sport)

Malheureusement pour nous, plus le chrono avance, plus les fans du Seigneur des anneaux semblent prendre le dessus sur les Françaises, notamment en mêlée et sur les ballons portés. C’est d’ailleurs après un maul que Fitzpatrick parvient à marquer le troisième essai de son équipe. 22-17.

Ca fait trois fois qu'on voit le même essai à une passe, et pourtant ce match est magnifique.
Ça fait trois fois qu’on voit le même essai à une passe, et pourtant ce match est magnifique. (©Stan Sport)

Le fameux « point de rupture » cher à Fabien Galthié semble tout proche. La pilière Krystal Murray s’offre une prise d’intervalle et un aufelode à la Sonnibi qui manque de peu d’offrir un essai à Demant. Cette dernière récupère tout de même une pénalité face aux poteaux, qu’elle transforme. 25-17, le monospace est fait.

Devant sa télé, Cyril baille (parce qu'il est tôt).
Devant sa télé, Cyril baille (parce qu’il est tôt). (©Stan Sport)

Alors, c’est foutu pour les Françaises ? Pas encore. Le coaching donne un second souffle aux troupes, notamment avec Safi N’Diaye et ses charges rageuses. On s’approche de la ligne, et dans ces cas-là, il faut appeler Romane Ménager. La N°8 française s’empare du ballon et fonce sur trois néo-zélandaises qui vont défendre avec le même enthousiasme que moi quand je vais à un rendez-vous chez le coiffeur. Drouin transforme, 25-24.

Romane règne.
Romane règne. (©Stan Sport)

J’évoquais la rentrée tranchante de Safi N’Diaye. Hélas pour elle, sa participation à ce match sera digne d’un caméo de Stan Lee dans un film Marvel. Coupable d’une charge à l’épaule, l’ancienne capitaine prend un carton jaune et ne reviendra pas sur le terrain.

Mais putain Romane, c'est une Coupe du monde, pas le Challenge Cochonou ! Pète-lui la jambe, pas de pitié !
Mais putain Romane, c’est une Coupe du monde, pas le Challenge Cochonou ! Pète-lui la jambe, pas de pitié ! (©Stan Sport)

Comme le prouve souvent le paradoxe du French Flair, les Françaises semblent être plus nombreuses sur le terrain quand elles sont 14. Elles poussent, avancent, chapardent des ballons dans les rucks, mettent les championnes du monde sur le reculoir (d’ailleurs, saviez-vous  qu’un reculoir est une bande de cuir qui entoure la croupe en dessous de la queue d’un cheval tirant un chariot, lui permettant de retenir la voiture dans les descentes et l’empêchant de reculer ?). Mais avec la fatigue, les joueuses sont aussi lucides que moi après avoir enchaîné 4 burpees. Ainsi, sur une action où l’essai semble imparable sur l’aile, Filopon choisit de revenir à l’intérieur. Alors évidemment, c’est plus facile devant sa télé avec des miettes de Krisprolls sur le bide…

Cette image me hante depuis hier matin.
Cette image me hante depuis hier matin. (©Stan Sport)

Heureusement, chez les Black Ferns, l’oxygène n’arrive plus au cerveau non plus. À l’image de notre amie Krystal Murray, qui nous offre un sublime dégagement en touche alors qu’il suffisait de garder le ballon au chaud pendant 20 secondes. Déjà qu’un pilier ne devrait jamais jouer au pied dans un match de rugby, le faire à la 79e minute, c’est absolument magnifique.

La meuf est sous Krystal meth.
La meuf est sous Krystal meth. (©Stan Sport)

Mais ce n’est pas tout, car l’arbitre de la rencontre a repéré un mauvais geste, encore. Taumata prend un jaune pour avoir déboité Agathe Sochat, et la France obtient une balle de match.

Sport de gonzesses.
Sport de gonzesses. (©Stan Sport)

Caroline Drouin pose ses ovaires sur la table et décide de prendre la pénalité. Car oui, il faut un certain courage pour taper la pénalité de la victoire à la 79e minute d’une demi-finale de Coupe du monde (en tout cas plus que pour écrire « looool lé fille elle save pas taper » sur Twitter).  La Bretonne prend son élan, puis décide d’entrer à tout jamais dans la légende du rugby français en rendant hommage au GOAT, Yionel Beauxis. 

A ce moment là le visage de Yionel lui est apparu dans les nuages, comme Mufasa dans le Roi Lion.
À ce moment là, le visage de Yionel lui est apparu dans les nuages, comme Mufasa dans le Roi Lion. (©Stan Sport)

Pour ce raté, Drouin se fera bien évidemment insulter par des gens qui n’avaient jamais regardé de match de rugby féminin avant hier, et qui se targuent d’être spécialistes jeu au pied, car une fois ils ont passé une pénalité avec l’US Pourpagnac en Challenge Roger Gaudermen. Personnellement, je ne vais pas tirer sur l’ambulance, car les Françaises ont eu mille autre opportunités de remporter ce match, ou du moins d’essayer de le perdre de façon moins flagrante. 25-24, ce sera donc le score final.

Stéphane Guivarch', Caroline Drouin... en Bretagne on a les pieds carrés mais on reste fiers de notre drapeau.
Stéphane Guivarc’h, Caroline Drouin… en Bretagne on a les pieds carrés, mais on reste fiers de notre drapeau. (©Stan Sport)

Encore une fois, notre finale sera petite, et ça commence à faire beaucoup de désillusions à ce stade de la compétition. Mais pouvait-on vraiment espérer mieux d’une équipe qui a changé d’entraîneur à quelques mois de la compétition, et qui jouait particulièrement mal depuis plus d’un an ? Les Bleues du Grand Chelem 2018 méritaient sûrement d’aller retrouver l’Angleterre en finale. Celles de 2022, peut-être pas.

Il y aura un temps pour tirer des bilans plus tard. En attendant, merci aux Bleues pour ce match déjà légendaire, peut-être le meilleur que j’ai vu en rugby féminin. Et même un des meilleurs tout court depuis de ces dernières années. Demain soir, ce sera au tour du compte rendu de France-Australie, et je peux vous dire qu’à part le GIF de l’essai de Penaud, ça reste d’être vachement moins épique.

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