Springbourrins, Bad Boy Dupont… Ovale Masqué décape le titanesque France-Afrique du Sud

Ah ça, c'est un Dupont en carton...
Ah ça, c’est un Dupont en carton… (©Icon Sport)

Samedi dernier, c’était LE match. Celui du XV de France que tous les amateurs de rugby attendaient avec ferveur depuis des mois, bien plus que celui contre la Nouvelle-Zélande il y a un an. Car si les néophytes sont attirées par les fanfreluches et les danses télégéniques, le vrai esthète sait que l’épreuve du feu, la vraie, c’est celle contre l’Afrique du Sud.

On vous l’a dit et répété, le rugby a changé, il est devenu professionnel. Pas une semaine sans un Eric Bayle qui nous vend le spectacle d’une rencontre lambda de Top 14 avec l’aplomb d’un vendeur de voitures d’occasions. Pas une semaine sans que Fabien Galthié invente des mots en anglais pour nous expliquer que ses joueurs sont désormais des cyborgs pilotés par des drones et des capteurs GPS.

Et pourtant, quand on affronte les Springboks, on effectue un retour dans le temps. On retrouve les origines de ce jeu, né de la barbarie au fin fond de l’Angleterre industrielle. Une rencontre des Boks ressemble toujours un peu plus à la scène d’ouverture de 2001 l’Odyssée de l’espace qu’à un vrai match de rugby. Certes, comme tout le monde, ils courent après le score. Mais les points qui les intéressent vraiment, ce sont les points de vie qu’ils vous enlèvent au cours d’un match. Un match contre les Boks, ça ne se note pas sur 10 dans l’Équipe, mais en années d’espérance de vie perdues.

Le chef Etzebeth se demander à quelle sauce il va nous manger.
Le chef Etzebeth se demande à quelle sauce il va nous manger. (©France 2)

Bref, samedi, c’était LE match. Et on peut dire qu’on n’a pas été déçus. Il y a un peu plus de 10 ans, j’ai créé un petit site appelé Boucherie Ovalie. Ça aurait été un nom parfait pour résumer cette rencontre déjà légendaire.

La compo

La composition du XV de France face à l'Afrique du Sud. Enfin, ceux qui sont restés debout.
La composition du XV de France face à l’Afrique du Sud. Enfin, ceux qui sont restés debout. (©France 2)

Le film du match

Après un show d’avant-match plein de paillettes et de feux d’artifice sur la pelouse du Vélodrome, on peut enfin entrer dans le vif du sujet et nous lancer dans notre épopée homérique. Les héros ont troqué leurs jupettes pour des shorts, mais dès les premiers impacts, on ne s’y trompe pas, la Guerre de Marseille aura bien lieu.

JE SUIS CONTENT PARCE QUI VA Y AVOIR LA BAGARRE
JE SUIS CONTENT PARCE QUI VA Y AVOIR LA BAGARRE (©France 2)

Ainsi, la rencontre démarre sous les meilleurs auspices (et c’est aussi là-bas que beaucoup d’acteurs de ce match termineront). Thomas Ramos grille l’unique carte relance que Fabien Galthié lui accorde par match, et renverse son ancien camarade Kolbe avec un raffût parfaitement réglementaire. Atonio et Danty sont sollicités sur les deux premiers lancements de jeu, et l’on comprend rapidement que nos Bleus sont venus avec des intentions. De mauvaises intentions.

FULGURO-POING !
FULGURO-POING ! (©France 2)

Côté sudaf, on n’est pas du genre à tendre la joue (ou alors, pour venir l’éclater contre un crâne adverse, comme on le verra bientôt). Comme toutes les nations du monde, les Boks ont un « plan anti-Dupont » et celui-ci est évidemment incarné par Faf de Klerk, qui vient gêner les sorties de balle du #MeilleurJoueurDuMonde. Mais il est pénalisé par Monsieur Barnes, ce qui donne à Ramos l’opportunité d’ouvrir le score, 3-0.

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Malgré un en-avant grotesque d’Alldritt sur le renvoi, les Français se sortent d’une situation compliquée grâce à un bon grattage d’Ollivon. Les premières offensives des Sud-Africains sont cependant surprenantes : les gars relancent, jouent et cherchent les extérieurs, notamment avec des coups de pied dans le dos des ailiers français. Faf de Klerk le stakhanoviste du boxkick se retrouve à Pôle Emploi, on ne reconnaît plus nos champions du monde.

Et ben, Etzebeth...
Et ben, Etzebeth… (©France 2)

Heureusement, les Springboks vont vite retrouver leur ADN lorsque Pieter-Steph Du Toit va se rendre coupable d’un déblayage néandertalien. Alors certes, sur la rade de Toulon dans les années 70, ce geste était l’équivalent d’une bise. Mais dans le rugby moderne, cela ne passe plus, et le #MeilleurJoueurDuMonde de 2019 écope d’un carton rouge logique. Danty, lui, doit céder sa place après une suspicion de fracture du plancher orbital. Les gladiateurs modernes ont beau être vêtus d’une cuirasse de muscles saillants, ils sont hélas toujours trahis par leurs os, qu’on ne peut pas faire grossir avec des protéines en poudre.

Peine-plancher.
Peine-plancher. (©France 2)

La sortie de Danty va provoquer un petit évènement côté bleu : on va enfin demander à Sekou Macalou de servir à quelque chose. Le Parisien entre à l’aile, poste où l’on pense qu’il peut performer parce que « quand même il va vite ». Et, contre toute attente, le Big Mac ne va pas décevoir et sortir son meilleur match en Bleu, de loin. Il faut dire qu’on parle là du rugbyman du futur, un joueur tellement en avance sur son temps que personne n’a encore vraiment compris comment l’utiliser. Finalement la meilleure solution serait peut-être de lui mettre un numéro 0 dans le dos et de lui dire « vas-y, cours un peu partout et fais tes trucs », comme une sorte de libéro. On notera aussi que ça ne servait à rien de lui donner ses rares titularisations contre le Japon et la Géorgie, puisqu’il est uniquement capable de se motiver quand il joue en mode Super Hard. Mais ça, les supporters du Stade Français qui l’ont vu trottiner dans des matchs contre Brive et Bayonne le savaient déjà.

Pas mal le duo Fickou - Macalou ! Si seulement ils pouvaient jouer dans le même club un jour...
Pas mal le duo Fickou – Macalou ! Si seulement ils pouvaient jouer dans le même club un jour… (©France 2)

Après une perte de balle d’Etzebeth à l’impact contre Flament (il faut l’écrire pour le croire), Macalou touche son premier ballon et décide de faire quelque chose que seul son cerveau complexe pour appréhender : une espèce de coup de pied nul à mi-chemin entre la chandelle et le dégagement. Mais comme « quand même il va vite », il parvient miraculeusement à rabattre le ballon dans le camp français.

Un vrai coup de pied de Sekoukou.
Un vrai coup de pied de Sekoukou. (©France 2)

Plus agressifs et efficaces que cette équipe qui s’entête à faire du large-large comme au tournoi de beach rugby de Cape Town, les Bleus creusent l’écart par une pénalité de Ramos, 6-0. Puis après une touche, on a le droit à un beau lancement de jeu pour Damian Penaud qui fait la différence, pour servir Ramos puis Macalou en bout de ligne. Arendse parvient à plaquer l’ailier d’un jour dans ce duel Dragster vs Moto GP. Mais les Français poursuivent leur offensive et enchaînent les temps de jeu près de la ligne. Après une longue séquence de pilonnage, Cyril Baille parvient à aplatir au pied des poteaux.

Profitez c'est à peu près la seule grande envolée française du match.
Profitez c’est à peu près la seule grande envolée française du match. (©France 2)

13-0 au bout de 20 minutes de jeu. On se dit alors que les Bleus vont rouler sur les Boks, leur passer un bon 42-0 histoire de bien faire comprendre à toute la planète que c’est nous qu’on va gagner la Coupe du monde chez nous. Mais ce serait sous-estimer un brin les champions du monde. Bousculés, ils vont se retrouver sur les bases de leur jeu, c’est-à-dire les bons vieux ballons portés – au cas où on n’en aurait pas vu assez plus tôt dans la journée lors de la finale de la Coupe du monde féminine. Les Français se font emporter jusque dans le Vieux Port et finissent par être pénalisés. Kolbe, qui sait décidément tout faire à part respecter ses contrats, passe une première pénalité lointaine, 13-3.

Et si vous profitiez de votre soirée de libre pour faire une petite manucure ?
Et si vous profitiez de votre soirée de libre pour faire une petite manucure ? (©France 2)

Puis après un hors-jeu d’Alldritt, rebelote. Sauf que cette fois, on est beaucoup plus près de la ligne. Les mangeurs de cuisses de grenouille sont à nouveau pénalisés, et c’est à ce moment-là que Ninja Kolisi décide de se parer de la cape d’invisibilité de Richie McCaw. Le capitaine des Springboks trompe la vigilance des Français, de l’arbitre et de Fred Godard pour aller marquer un essai dans l’indifférence générale, ce qui lui permettra de s’habituer à l’ambiance du Racing 92 s’il se décide à y signer.

Mario Kart Vélodrome Racing : Kolisi déclenche le bonus pieuvre qui lance de l'encre dans les yeux de tous ses adversaires.
Mario Kart Vélodrome Racing : Kolisi déclenche le bonus pieuvre qui lance de l’encre dans les yeux de tous ses adversaires. (©France 2)

Après la transfo, cela ne fait plus que 13-10 en faveur des hommes d’Antoine Dupont, qui n’auront pourtant été mis en danger que dans un secteur de jeu. Par contre, ils ont clairement été mis en danger physiquement. Baille cède sa place sur blessure, tandis que Flament et Atonio sont contraints de passer par la case protocole commotion, tout comme Mbonambi côté sudaf. Scène insolite : dans les couloirs du Vélodrome, on aperçoit Flament attendre son tour avec son ticket et son cerveau sous le bras. Preuve de plus de la détérioration des services de santé en France. Si seulement il y avait médecin en tribunes pour venir prêter renfort… même si à ce stade-là, monter un chapiteau et un hôpital de guerre dans l’en-but serait sûrement la meilleure option.

En tant que joueur du Stade Toulousain, Flament découvre le concept de devoir faire la queue pour obtenir quelque chose.
En tant que joueur du Stade Toulousain, Flament découvre le concept de devoir faire la queue pour obtenir quelque chose. (©France 2)

Au milieu de tout ce chaos, Thomas Ramos enjambe les corps des blessés et profite d’une faute sud-africaine dans un ruck pour redonner un peu d’air aux Bleus juste avant la pause, 16-10. De retour des vestiaires, c’est toujours aussi brutal, à l’image de Kolbe qui rend hommage à Julien Caminati avec son célèbre « cadrage-percussion ». Jelonch se fait renverser comme un vulgaire Alexis Palisson, preuve que ce n’est pas toujours la taille qui compte, et je sais de quoi je parle car si j’étais payé à la longueur de mes textes je serais en train de vous écrire depuis ma piscine chauffée.

Et oui les enfants, au rugby vous pouvez jouer si vous faites 1m65. Il faut juste faire 105 kilos de muscles en contrepartie.
Eh oui les enfants, au rugby vous pouvez jouer si vous faites 1m65. Il faut juste faire 105 kilos de muscles en contrepartie. (©France 2)

Kolbe percuteur, puis Kolbe buteur après une nouvelle faute française, 16-13. Mais Ramos lui répond immédiatement, dans ce chassé-croisé entre bourreaux du Stade Rochelais. En parlant de ça, Alldritt cède sa place après le premier match de sa carrière où il aura parcouru plus de mètres vers son propre en-but, les Boks ayant visiblement posé un contrat sur sa tête. Globalement, on sent que ce sont tous les Bleus qui reculent depuis la reprise, et les Boks se frayent un chemin vers leurs 22 après une pénalité vite jouée par ce diable de Fafounet.

Chuck Maurice.
Chuck Maurice. (©France 2)

C’est encore lui qui tente une petite passe au pied sur l’aile de Kolbe, qui bondit pour saisir le ballon. Et là c’est le drame. Le Dupont barbu, celui qu’on devra désormais appeler Bad Boy Dupont, déséquilibre son ancien partenaire qui nous offre une belle figure de capoeira aérienne. Pour ce geste dangereux, un autre #MeilleurJoueurDuMonde se retrouve expulsé. Finalement, c’était peut-être une bonne idée de ne jamais faire jouer Jessy Trémoulière avec les Bleus, ce titre ne porte pas trop chance ces derniers temps.

C'est pas grave, on en a connait un autre grand capitaine français qui prenait souvent des cartons rouges...
Ce n’est pas grave, on en a connu un autre grand capitaine français qui prenait souvent des cartons rouges… (©France 2)

Le XV de France perd donc son capitaine et son meilleur joueur. Et Maxime Lucu rentre sur le terrain, lui qui tel un boxeur amateur, était habitué à disputer des rounds de 3 minutes. Sur son visage l’incompréhension se lit : « Mais ? On est pas à la 79e ?? ». Le Jason Statham basque, habitué au rôle de doublure lumière, va enfin avoir l’occasion de la prendre pour lui, et comme Macalou, sa prestation fera fermer quelques bouches (la mienne en premier).

« Hein ? Mais on est pas la 79e pourtant ? »
« Hein ? Mais on est pas la 79e pourtant ? » (©France 2)

En attendant, les fans de barbecue veulent enfoncer le clou en enchaînent les ballons portés. Les pénalités pleuvent sur les Bleus, qui peuvent peut-être s’estimer heureux de ne pas prendre un jaune en plus. Et à force de forcer, Arendse finit par trouver la faille après une passe lumineuse de Willy le Roux, qui aura passé une bonne partie de la rencontre à jouer en position de n°10 (au contraire de Romain Ntamack). Kolbe étant sorti sur une énième commotion, c’est François De Clerc qui prend le relais au but, avec une réussite tout aussi surprenante : on aurait cru voir le fils de Percy Montgomery.

Je vous demande de vous Arendse.
Je vous demande de vous Arendse. (©France 2)

19-20, les Springbourrins passent en tête pour la première fois du match. Ils creusent même l’écart quelques secondes plus tard, grâce à un nouveau coup de pied de Faf, qui a décidément le vent en poupe en Europe. Les Bleus réagissent bien, avec une séquence offensive qui permet à Ramos de coller au score, 22-23. Mais encore et toujours ce sont les lecteurs de Chasse Magazine qui dominent les débats, avec un Eben Etzebeth monstrueux, qui avance sur chacune de ses charges, pour le plus grand plaisir des fans du RCT en tribunes qui ont enfin la chance de voir ce grand joueur en action. Finalement, la faiblesse de ces Sudafs, c’est peut-être de trop chercher à jouer quand la solution frontale marche si bien. Sur un ballon chaud envoyé sur l’aile, Maxime Lucu se jette dans les roues du camion avant que Macalou ne termine le travail en faisant passer le conducteur par la fenêtre.

La belle défense de Macalucu.
La belle défense de Macalucu. (©France 2)

Présent en défense, le Big Mac l’est aussi ballon en mains, puisqu’il s’échappe sur son aile sur l’action qui suit. Une belle chevauchée qui se termine par une pénalité… contre la France, le Parisien étant accusé de s’être relevé après avoir été tenu par un plaquage. Au ralenti, ce n’est pas si évident que ça. Mais les Boks ne laissent pas passer l’opportunité et cette fois, c’est Willemse qui passe trois points. Matthieu Lartot avait passé tout l’avant-match à nous expliquer que les Sud-Africains n’avaient pas un buteur. C’est pas faux : ils en ont trois.

En un match le mec a réussi plus de percée que Yoann Huget en 8 ans, c'est dur.
En un match le mec a réussi plus de percées que Yoann Huget en 8 ans, c’est dur. (©France 2)

22-26, ça commence à sentir bon l’odeur de barbecue pour la bande à Kolisi (Kolisi, barbecue, je vous laisse faire votre petite ref à Game of Thrones). On entre dans le money time, celui où les Français trouvent généralement les ressources pour venir dégoûter des adversaires qui pensaient avoir fourni assez d’efforts pour s’assurer de la victoire. Tout commence avec un bon ballon porté, qui permet aux Bleus de revenir dans le camp des Verts (mais ceux qui sont pas vegans). Ces derniers sont pénalisés et Deon Fourie prend même un carton jaune car voir un ancien joueur de Grenoble au niveau international est inacceptable (sauf toi, Ange <3).

Le mulet à 13 : on reconnait les fans du RCT dans les tribunes...
Le mulet à 13 ans : on reconnaît les fans du RCT dans les tribunes… (©France 2)

Les mangeurs de gaufres insistent. Macalou réalise une nouvelle envolée sur son aile. Puis ils font même preuve de créativité sur la penaltouche : alors qu’on s’attendait à un énième ballon porté, Woki dévie le ballon vers Lucu, qui lance Moefana plein fer dans la défense bok. Bon, c’est de la créativité dans la violence, mais de la créativité quand même. Après cette séquence qui a fait pleurer des larmes de cannelés à tous les supporters de l’UBB, la France entame son pilonnage, et Falatea parvient à aplatir au milieu d’une forêt de membres (tous attachés à leurs corps, de manière surprenante).

On a senti Moefana tout heureux de revenir au centre où il pouvait faire ce qu'il apprécie le plus : jouer au bowling avec ses adversaires.
On a senti Moefana tout heureux de revenir au centre où il pouvait faire ce qu’il apprécie le plus : jouer au bowling avec ses adversaires. (©France 2)

Au ralenti, on a bien peur que cet essai soit annulé en raison d’un double mouvement du pilier bordelais. Wayne Barnes tente de joindre son TMO, mais par chance celui-ci passe sous un tunnel. Ou qui sait, en plus d’être médecin, Serge Simon est également opérateur radio amateur. Dans tous les cas, la situation profite aux Bleus qui mènent désormais d’un tout petit point, Ramos ratant son premier coup de pied du match sur la transfo. Un épisode étonnant qui ne manquera pas d’alimenter la machine à fantasmes de Rassie Erasmus, le plus gros complotiste du rugby depuis Pierre Berbizier (sauf qu’il y en a un des deux qui est champion du monde).

Surprenant aussi, ce cadrage « Jacquie et Michel » sur Wayne Barnes.
Surprenant aussi, ce cadrage « Jacquie et Michel » sur Wayne Barnes. (©France 2)

Un Faf étant sorti du côté des Boks, on décide de faire rentrer le nôtre, et Bastien Chalureau célèbre sa première sélection. Un grand remplacement payant : sur une mêlée au centre du terrain consécutive à une passe en-avant un peu imaginaire de Le Roux, le pack français fait plier celui des Sudafs. Ramos ne manque pas l’occasion de faire grimper le score, 30-26. Après un dernier ballon arraché de bras sud-africains, Lucu dégage en touche et scelle la dernière conquête des Bleus.

Après s'être fait ouvrir par la mêlée australienne, fallait réagir, question d'honneur.
Après s’être fait ouvrir par la mêlée australienne, fallait réagir, question d’honneur. (©France 2)

Et voilà, 12e victoire de rang pour le XV de France, qui a complété son tableau de chasse des plus grandes nations de l’Ovalie : la tête d’Eben Etzebeth est désormais accrochée au-dessus de la cheminée de Marcoussis, entre celles de Jonathan Sexton et d’Ardie Savea. Plus que la stat, c’est la manière qui impressionne, paradoxalement peut-être plus que lors de la victoire contre les All Blacks, pourtant plus flamboyante sur le papier. Même avec 3 joueurs cassés, même avec un capitaine #MeilleurJoueurDuMonde exclu dès la 50e, sans jamais vraiment parvenir à bien jouer, cette équipe arrive encore à trouver les ressources pour faire tomber les champions du monde. Le courage et la solidarité défensive, la hargne et le mental pour aller chercher la victoire dans les derniers instants, des seconds couteaux peu utilisés qui haussent leur niveau de jeu… tout ça prouve qu’on a affaire à une équipe, et même une sacrée équipe. Probablement déjà la plus régulière et la plus dominatrice de toute l’histoire du rugby français. Mais attention, cela ne promet pas forcément un titre au bout, et ce parfait équilibre peut se révéler fragile.

Essayez de regarder ce GIF sans avoir le rire d'Omar Sy en tête.
Essayez de regarder ce GIF sans avoir le rire d’Omar Sy en tête. (©France 2)

C’est pour ça que moi, j’ose le dire : STOP. Là ça fait trop de victoires. On a vu ce que ça donnait avec la série de 30 des Anglaises qui s’est terminée en finale de la Coupe du monde. Il faut redescendre un peu sur Terre, se sentir de nouveau vulnérable avant d’attaquer le Mondial. C’est pourquoi je propose qu’on perde contre le Japon. D’une, ça leur permettra de réaliser un exploit que même Guy Novès n’a pas réussi à accomplir. De deux, le public toulousain est déjà parfaitement habitué aux défaites à domicile pendant le mois de novembre.

Allez, y’a plus qu’à. Gambate !

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